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AFRIN N’EST PAS SEULE !

24 mars 2018, Journée mondiale pour Afrin


Le 20 janvier, l’invasion du canton d’Afrin par l’armée turque a commencé. Ce territoire situé dans la partie occidentale de la Fédération Démocratique de la Syrie du Nord a été bombardé sans merci par des avions de chasse, de l’artillerie et toutes sortes d’armes modernes qui portent le sceau de l’OTAN. L’armée turque, pour ne pas se salir les mains et cacher le nombre de victimes dans ses rangs, utilise des milices djihadistes pour mener l’attaque. Ces milices faisaient d’abord partie d’Al-Qaïda, réorganisées en 2014 sous le nom de Daesh, elles sont maintenant placées sous la bannière de l’Armée Syrienne Libre (FSA). Les images brutales que les envahisseurs publient dans les réseaux sociaux, ainsi que leurs cris appelant à la guerre contre les infidèles, criant « Allahu Akbar » à se déchirer les poumons, nous rappellent que le Rojava lutte toujours contre l’ennemi qu’il a déjà vaincu à Kobanê et Raqqa. Mais cette fois, le drapeau qu’ils attaquent est celui de la deuxième plus grande armée de l’OTAN. En outre, le drapeau noir de Daesh a été vu sur plusieurs photos avec le drapeau rouge turc. Plusieurs des combattants, tués au combat par les forces d’autodéfense résistantes d’Afrin, ont été identifiés comme des commandants de Daesh.

Le dictateur fasciste et misogyne de l’Etat turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré publiquement qu’à travers cette invasion contre un territoire autonome à l’intérieur d’un pays souverain, il souhaite « rendre Afrin à ses véritables propriétaires ». Mais derrière cette mascarade, il y a en fait un nettoyage ethnique et un génocide contre le peuple kurde et d’autres minorités, qui vivent à Afrin depuis des temps immémoriaux. Afrin a été l’un des rares territoires à jouir d’une paix relative dans la guerre sanglante syrienne qui fait rage depuis 7 ans. De nombreuses familles déplacées par la guerre ont cherché refuge dans ce territoire. Aujourd’hui, Erdogan tente de profiter de cette instabilité et des souffrances qui s’emparent des peuples de Syrie pour légitimer ses prises de pouvoir impérialistes, rêvant de reconquérir les territoires jadis occupés par l’Empire ottoman.

La communauté internationale ferme les yeux sur les appels répétés à l’aide lancés par Afrin. Le retrait des troupes russes stationnées à Afrin a donné le feu vert à l’invasion et marque sa complicité avec l’Etat turc. Toutefois, cette complicité n’est pas moindre que celle des États membres de l’OTAN. Celles-ci permettent à la Turquie d’utiliser les armes et la technologie occidentales pour massacrer des civils. La Fédération démocratique de la Syrie du nord a été la principale force de lutte contre la barbarie islamiste de Daesh, mais cela semble sans importance pour les gouvernements qui, depuis 2014, déplorent chaque massacre revendiqué par la propagande de Daesh. Le 24 février, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité une résolution pour un cessez-le-feu dans l’ensemble de la Syrie. Cela a offert une lueur d’espoir pour empêcher d’autres massacres civils. Néanmoins, le silence qui a suivi l’intensification turque de ses attaques est indéniable.

Pour sa part, le régime baasiste de Bachar Al-Assad, après avoir déclaré qu’il ne permettrait jamais l’invasion du sol syrien par la Turquie, s’est révélé incapable de faire face à l’agression. Bien qu’ayant des systèmes antiaériens qui pourraient empêcher la force aérienne turque de frapper, le régime exigeait une soumission totale d’Afrin à l’État syrien et de renoncer à son autonomie, ce qui a été atteint grâce au processus révolutionnaire que le Rojava a connu ces dernières années. Il ne fait aucun doute que cette invasion est le résultat des accords de Sochi entre Assad, la Russie et la Turquie. L’armée arabe syrienne a choisi d’éviter toute confrontation directe qui pourrait s’opposer aux plans d’Erdogan et d’abandonner les forces démocratiques syriennes. Sa dépendance à l’égard de la Russie et son hostilité à l’égard de la Fédération démocratique de Syrie du Nord permettent aux forces néo-ottomanes djihadistes d’occuper Afrin.

La situation est critique. Les forces d’occupation sont aux portes de la ville. Une ville qui abrite non seulement ses habitants mais aussi de nombreux réfugiés qui ont fui leurs villages après les destructions causées par les bombardements turcs. Outre les bombardements massifs, des attaques chimiques ont été signalées contre des civils, en particulier avec du chlore gazeux. Cependant, ce n’est pas le tableau complet du désordre causé, les infrastructures vitales pour la survie de la population civile ont été délibérément attaquées. Il y a une semaine, la Turquie a coupé l’approvisionnement en eau et en électricité de la ville, forçant ses habitants à fuir. Le siège se poursuit et la population est confrontée à un massacre imminent. Hier c’était Daesh à Kobanê, aujourd’hui c’est l’État turc à Afrin.

La Commune Internationaliste du Rojava, ayant pris en compte tous ces faits, s’associe aux multiples initiatives de solidarité avec Afrin. Nous appelons tout le monde à se joindre à une journée d’action et de solidarité mondiale, comme celle qui a eu lieu le 1er novembre 2014 pour Kobanê.

Le WorldAfrinDay aura lieu le dimanche 24 mars. La solidarité avec Afrin sera entendue et ressentie partout dans le monde pour prouver qu’Afrin n’est pas seule et que le projet démocratique et anti-patriarcal qui vit à Afrin sera défendu dans le monde entier.

Longue vie à la solidarité internationale !

Biji Berxwedana Afrin !

L’appel à manifester sur Facebook : https://www.facebook.com/events/198354714271170/